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Le recueil de nouvelles en livre… ou en e-book

Ci-Gît Paris

 

Extrait

 

« Bon… Bonjour, Monsieur », bafouilla le journaliste.

« Trêve de politesse. Il paraît que vous voulez me soumettre un projet ? Un journal pour le cimetière ?

– Oui, oui… Un magazine people, quelque chose de très léger, pour divertir la population du cimet…

– Montrez-moi votre maquette. Même si l’idée d’un magazine me paraît peu adéquate. Nous sommes une maison sérieuse, tout de même. »

Prenant un air plus sévère encore, l’auteur prit le manuscrit et lut scrupuleusement :

 

Ci-Gît Paris

 

Le magazine people du tout-Paris trépassé. Toute l’actu de nos stars, leurs déboires, leurs passions, leurs confidences !

 

EDITO :

Si je devais caractériser mon humaine de compagnie

(Fanny Renard  n.d.l.r.)

 

Si je devais caractériser mon humaine de compagnie en un seul mot, je dirais qu’elle est barrée. Je ne la connais que depuis quatre ans, quand elle m’a recueilli, tout chaton couvert de puces, dans une ruelle de Rouen, mais il me semble qu’elle est née à Vernon (2 juillet 1986, 6h30 du matin), y a passé une jeunesse plus ou moins ordinaire, et a ensuite rejoint la ville aux cent clochers (enfin, surtout aux cent clochards) pour ses études de Lettres. D’abord Lettres Classiques, puis Lettres Modernes. Elle ne sait rien faire de manière ordonnée celle-là ! Même son mémoire de recherche… A-t-on déjà vu une étudiante de Lettres présenter un mémoire sur Tim Burton, franchement ?

A côté de ses études, elle entretient plusieurs passions : elle collectionne les vieilles consoles de jeux vidéo, écoute le groupe Indochine jusqu’à m’en donner mal au crâne, lit des histoires de fées et de sorcières (syndrome de Peter Pan ? En tout cas, elle devrait songer à grandir un peu!). Elle aime rêver, entourée de ses figurines de Mr Jack et autres fantaisies. Elle s’évade, souvent, de ce monde qu’elle juge trop sérieux.

Puis elle m’a trouvé, un après-midi de septembre 2010. Et c’est à ce moment-là que je lui porte bonheur : trois semaines plus tard, elle trouve un poste de professeur remplaçante dans un prestigieux lycée de Rouen, à l’année. Sa carrière dans l’enseignement commence, même si elle n’ose pas passer le concours pour devenir professeur titulaire, de peur de se trouver coincée dans une carrière qui ne lui correspondrait pas.

Et elle écrit, d’abord pour elle-même (depuis de nombreuses années, semble-t-il), puis pour un  concours étudiant, dont elle obtient la première place au niveau régional. Elle rejoint l’équipe de rédaction d’un journal étudiant, créé par son meilleur ami (très sympathique ce garçon, il joue avec moi et me fait des câlins. Puis il donne plein de croquettes), y écrit quelques articles, surtout des nouvelles (les étudiants de Rouen retiendront notamment le dérangeant Voyage au Centre de ta Mère).

Décembre 2013. Pendant une virée à Paris avec sa mère, elle visite le cimetière du Père Lachaise. Elle y croise Proust, Balzac, Nerval, Eluard… Ils la saluent tous, ceux dont elle a lu les œuvres dans le cadre de ses études ou pour le seul plaisir. Elle s’émerveille de les voir tous présents à l’appel, aussi bien rangés que des élèves très studieux. Elle découvre leurs petits secrets, le voisinage de Bécaud avec la colocation Trintignant/Corneau, le coin des Communistes, le fameux saule de Musset… Ce n’est qu’un mois plus tard, après un déménagement vers les volcans auvergnats pour des raisons de santé (elle vit désormais avec le créateur du journal étudiant de Rouen, qui n’est plus seulement son meilleur ami, tant mieux!), qu’elle tombe sur ce concours de nouvelles. Le Père Lachaise ! Des souvenirs pleins la tête, elle se lance dans cette aventure fantaisiste, sans trop savoir jusqu’où cela va la mener. Mais comme elle le dit parfois (d’où sort-elle cette phrase?) :  « On ne va jamais aussi loin que lorsque l’on ne sait où on va. »

 

Beetlejuice

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