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Les lectures de nouvelles de Magali François

Le recueil collectif de nouvelles où elle est publiée en livre… ou en e-book

Magali François

 

Année 197…

Le jour se lève sur la Baie des Anges tandis que je pousse mon premier cri.

Petite fille de novembre, enfance sans histoire.

Premiers balbutiements d’écriture à l’adolescence. Je n’ai pas lâché ma plume depuis.

Des bancs de la faculté de droit à ceux des Cours d’Assises, j’écris toujours, plutôt des conclusions.

Un journal local m’offre quelques colonnes deux fois par mois, je les remplis de conseils juridiques.

Toujours un carnet et un stylo dans mon sac pour emprisonner une idée, un mot, une impression.

Lorsque je n’écris pas, je parcours l’arrière pays niçois à cheval. Ou je lis. Ou je voyage pour capturer des images à coucher ensuite sur le papier.

Quelques années plus tard, rien n’a véritablement changé sauf que j’ai quitté le Comté de Nice pour la Provence Verte.

Je ne remplis plus les colonnes du journal, j’enregistre des chroniques juridiques pour une radio.

Le droit menant à tout, j’abandonne contentieux, procédures et codes en tous genres et bifurque de voie professionnelle. Je me lance dans le social. Je quitte les tribunaux pour les maisons de retraite et autres hôpitaux psychiatriques. J’y trouve une source d’inspiration inépuisable pour continuer à noircir mes pages.

Dix ans plus tard, je m’occupe toujours des autres et validé de nouvelles compétences.

Ma façon d’écrire a évolué.

D’ateliers d’écriture en concours de nouvelles, je m’arrête parfois pour profiter du calme et méditer à l’ombre d’un cyprès dans le petit cimetière de mon village.

 

Ce que je recherche dans l’écriture ? Juste une idée du bonheur.

Errance nocturne

 

Extrait

 

J’ai mal. Je n’aurais jamais imaginé souffrir autant. Je manque d’air.

Déjà plusieurs heures que j’erre tel un fantôme dans Paris. Je cherche. Quoi ? Je ne sais pas : son regard bleu azur, son rire, sa voix qui je me dit « je t’aime ». Je n’ai pas envie de parler ; juste traîner ma peine de rue en rue, laisser aller mes larmes, ne plus réfléchir. J’étouffe.

Lettre à Abélard

 

Extrait

 

Mon tendre aimé,

 

Que ne m’avez-vous suivie dans cette flânerie nocturne ! La lune aurait éclairé notre amour. Les buissons de buis auraient abrité nos baisers.

Vous avez préféré la douceur de l’attente dans le calme de notre ultime demeure.

C’est donc avec pour seule compagnie le pâle halo de la lune que je pars à la découverte de ce dédale de pierres tombales.

 

Si vous saviez combien nos voisins sont nombreux !

 

 

© Nouvelles Magazine
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