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Le recueil de nouvelles en livre… ou en e-book

Manon Le Gallo

 

Née en 1993, j’ai passé l’essentiel de ma courte vie dans un charmant petit coin de Dordogne, avant de tourner mes pas vers Toulouse en 2010 pour y étudier puis y travailler dans le monde merveilleux de l’édition. Je passe donc ma vie dans les livres, qu’il s’agisse de plancher sur ceux des autres ou d’en noircir moi-même les pages (… ou bien d’en empiler sur mes étagères bien plus que je n’ai le temps d’en lire, il faut bien le dire).

Avec une grande prédilection pour les univers de l’imaginaire, d’abord pour l’heroic fantasy et le fantastique puis plus tard pour la science-fiction, j’ai eu la chance de voir publier mes premiers livres à l’adolescence. Aujourd’hui, j’ai quelques romans et toute une série de nouvelles dans mes tiroirs, quelques premiers prix de concours à mon actif, et en particulier un titre de lauréate du prix Clara, prix littéraire caritatif pour les moins de 18 ans lancé par et publié chez les éditions Héloïse d’Ormesson.

J’ignore encore où me porteront mon imagination, ma carrière ou mon amour étrange et éclectique pour les pouvoirs surnaturels, les dragons, l’Islande, les Vikings et leurs haches, les récits mythologiques, les mers déchaînées de Turner et les overdoses de fromage fondu, mais je sais en tout cas que la route sera pavée de livres – que j’y aie œuvré en coulisses ou aie passé mes nuits blanches à les écrire…

 

Bibliographie

Éditions du Manuscrit :

Éditions Héloïse d’Ormesson :

Nouvelles d’ados – Prix Clara 2011, 2011 (recueil collectif d’un prix littéraire jeunesse)

Sencho édition – Collection « Guentra »

Raconte-moi ta liberté, 2012 (recueil collectif)

Deux textes publiés également dans les catalogues 2009 et 2011 « Des mots pour voir » suite au concours du site Texteimage.

Ma nouvelle est dédiée à l’immensément prolifique Gustave Doré, artiste aux mille talents.

L’Infatigable

 

Extrait

 

Cent, puis mille, puis mille autres encore.

Tout m’a brûlé les doigts, les mots à dompter et les mélodies à déposer sur les lignes, les mythes et les plus glorieuses pages publiées, dont il me fallait exorciser les protagonistes qui s’agitaient furieusement sous mon crâne ; l’innocence, la colère et la folie. Noircir les pages, façonner le bronze, délivrer les scènes vibrantes qui se faisaient le filigrane de mon quotidien. Les toiles, mes vieilles amies, reposaient fidèlement dans mon atelier en attendant mon retour – en attendant que Dante, Hugo, Cervantès, Byron et tous les autres daignent me libérer. La foule imposante des illustres illustrés… Ce sont eux qui pèsent à mes épaules, s’accoudent à ma table ; leurs silhouettes muettes se terrent parfois dans le creux des gravures. Et sans leur génie la moitié de mon inspiration se serait tarie d’ennui.

Souvent pourtant, je rêvais de pouvoir m’affranchir de leur lourd héritage – oublier le métier pour rejoindre la passion, délaisser bois et pointes de métal pour le réconfort des pinceaux. M’offrir à la liberté de ma propre création. Combien de tableaux pavent aujourd’hui mon histoire, et qu’en a-t-on retenu en ce siècle ? C’est à l’illustrateur bien plus qu’au peintre que le passant en mal de grands noms vient aujourd’hui rendre visite.

Mais qu’importe. Ce qui m’ennuie le plus, dans la mort, est ailleurs : l’immobilité, voilà bien le plus grand de mes maux.

 

 

 

 

 

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