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Le recueil de nouvelles en livre… ou en e-book

 Myriam Panou

 

J’ai construit mon nid dans un petit village du bord de mer, à la pointe du Finistère. Une vieille ferme rénovée avec amour, couleur rouge Irlande et vert Provence. J’y élève seule mes trois garçons. Une jolie vie de village, à laquelle je contribue par le théâtre, le tennis, des fêtes du vent ou des chasses au Louis d’Or, et récemment, un engagement citoyen comme conseillère municipale. Bénévole à la bibliothèque, je prends du plaisir au milieu des livres, qui sont pour moi les objets les plus précieux. Chez nous la télé n’a pas passé la porte, et les murs sont couverts de romans, BD, d’histoires à lire de toutes sortes. Je suis sensible à l’écriture d’auteurs comme Emmanuel Carrère, Laurent Gaudé, ou encore la poésie et l’humanité des mots d’Erri De Luca. Je me nourris aussi beaucoup des rencontres, une curiosité des autres enrichie par des études de sociologie, d’ethnologie et de social, de nombreux voyages pour aller voir comment le monde tourne ailleurs.

Jusqu’ici les mots que je couchais sur le papier restaient blottis au chaud au fond des tiroirs, mais cette première aventure littéraire va peut-être m’encourager à les dépoussiérer… »

 

Les personnages de mon histoire :

Rosa Bonheur

Sarah Bernhardt

Germaine Dulac

Quand on est mort c’est pour la vie

Extrait

 

Pour toi Sébastien. Le voyage continue autrement…

 

La nuit et son silence qui la suit comme son ombre viennent de couvrir nos lits de pierre, de lierre, et moi, je m’ennuie de cette tranquillité, de ce repos pour l’éternité. Quand on est mort c’est pour la vie il paraît.

Le jour, des flâneurs effleurent parfois le lierre de mon caveau. La nuit, quelques rares rôdeurs égarés, souvent avinés, posent parfois leurs fesses sur ma sépulture, et je subis leurs querelles de comptoir, parfois désopilantes, à défaut d’être rarement captivantes.

Le plus souvent, ils passent, et m’ignorent avec dédain, sans arrogance, ni mesquinerie, juste de l’indifférence. Je suis une morte trop vieille il faut croire, je ne les intéresse plus, je n’intéresse plus personne. Tous ceux qui venaient fut un temps fleurir ma tombe et me réchauffer de leurs pensées, sont eux aussi devenus poussière.

 

 

 

© Nouvelles Magazine
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