Sélectionner une page

Prélude à la théorie du genre

 
kitd.html5loader(« flash_kplayer_iLyROoafYwaz », »http://api.kewego.com/video/getHTML5Thumbnail/?playerKey=0df9b773a15b&sig=iLyROoafYwaz »);
NOIRET en père Latuile… – wideo
Philippe Noiret dans le rôle du Père Latuile… Dans le film de Yves Robert : Les copains ( 1964 sorti en 1965 ) d’après le roman éponyme de Jules Romains, publié en 1913.
Eblouissant !!!

 
Mes frères, Notre Seigneur Jésus-Christ a dit quelque part: « Que ceux qui savent comprendre, comprennent. » Paroles mystérieuses! Paroles inquiétantes! Depuis dix-neuf siècles que la science des docteurs s’applique à pénétrer les préceptes divins, ceux-ci nous sont devenus familiés par la lettre alors qu’ils nous demeurent étrangers par l’esprit.
« De tous les avantages spirituels que j’ai retirés de mon long séjour à Rome, il n’en est pas que j’estime à plus haut prix que le contact étroit et permanent avec la pensée vivante de l’Eglise. C’est là que j’ai senti combien s’abusent nos adversaires quand ils reprochent à la foi catholique de croupir dans la stagnation, quand ils nous croient figés et comme pétrifiés dans les mêmes concepts et les mêmes pratiques.
« Et, certes, j’avoue que ce préjugé peut trouver quelque confirmation dans le spectacle de certains fidèles plus préoccupés d’une observance formelle que soucieux d’une compréhension intérieure. En particulier, il semble qu’une prudence timorée, une routine tatillonne, tant en matière de foi que sous le rapport des oeuvres, soient devenues la loi dans plus d’un recoin de nos provinces françaises, que la difficulté des moyens de communication, la rareté des échanges intellectuels, mettent à l’abri des contagions dangereuses et des entraînements passagers du siècle, mais qu’elles isolent en revanche de ce que j’appellerai la circulation de la vérité et la pulsation de la vie. »
– C’est ainsi que, mes bien chers frères, il semble que la pensée et l’action chrétiennes de notre pays se soient comme hypnotisées sur certains points de morale, je dirai même sur certains scrupules de moeurs, qui ont bien leur intérêt, mais qui ne méritaient peut-être pas de retenir, d’accaparer, d’immobiliser toutes les forces.
« Précisons notre pensée. Il est incontestable qu’au rebours de la plupart des autres religions, le catholicisme moderne a fait de l’impureté, ou de ce qu’il appelle ainsi, un vice fondamental, et de la pureté la vertu la plus précieuse, la plus céleste, celle dont le parfum est le plus recherché de Dieu. Mon expérience de confesseur me permet d’avancer que bien des vierges d’âge mûre, se pardonnant aisément à elles-mêmes un manque presque absolu de charité, à la faveur de leur corps intact. »
– Jusqu’où, mes frères, n’est-on pas allé dans cette voie? On ne s’est point contenté de réprouver les effusions les plus naïves, les plus innocentes, par quoi se manifeste l’attrait des sexes l’un pour l’autre. Le mariage lui-même est devenu suspect. Ce sacrement, de fondation divine, a été considéré comme un pis aller; les devoirs qu’il comporte comme exutoire de la lubricité humaine. Des directeurs de conscience trop zélés ont obtenu de pénitentes trop dociles qu’elles rebutassent leurs époux par un mauvais vouloir quotidien; et ces malheureuses ont cru sanctifier leur couche, en en bannissant le rite même auquel l’a destiné le Créateur.
 » Car, mes bien chers frères, c’est par une étrange bévue que les fanatiques de la pureté mettent leurs idées au compte de Dieu. Rien dans l’Ancien ni dans le Nouveau Testament, qui les y autorise. Il se réclame du Christ, qui fit de l’amour sous toutes ses formes la vertu par excellence, du Christ qui fut l’ami indulgent la pécheresse Madeleine, du Christ qui a résumé sa doctrine dans ces deux préceptes: « Aimez-vous les uns les autres! »-« Croissez et multipliez ».
Oui, mes frères, il est temps de dénoncer cette hérésie; il est temps de réagir contre cette fausse morale, où semble revivre la frénésie de Calvin, où je subodore l’esprit de Satan. Dieu a créé l’homme et la femme. Ils les a pourvus des organes nécessaires à l’accomplissement des vues qu’il a sur l’humanité.
 » Secondez-le, mes frères! Notre paresse à marcher dans les voies du Seigneur serait d’autant moins excusable, qu’ici le devoir se confond avec le plaisir.
 » Et qu’une épouse ne vienne pas me dire : « Mon père, j’ai quant à moi beaucoup de bonne volonté; mais mon mari ne manifeste aucun empressement; il semble vivre dans l’oubli complet de ses devoirs. »
Je lui répondrais ce que je réponds aux femmes qui se plaignent à moi de l’indifférence religieuse de leur maris:  » A qui la faute? Le remède n’est-il pas entre vos mains? » Je lui répondrais:  » Et vos devoirs à vous, les avez-vous remplis? Est-ce que certains mouvements à demi involontaires, certains gestes à peine conscients n’iront pas donner le branle à des familiarités fécondes?
 » Et qu’un époux ne me dise pas:  » Mon Père, je suis dévoré de zèle; mais mon épouse m’oppose une invincible froideur. » Je lui répondrais encore plus vivement encore:
 » Dieu, m’écrirais-je, vous a confié un champ. S’il n’est pas resté en friche, il n’en vaut guère mieux . Un labourage trop superficiel, que n’ont point complété d’autres travaux, ne pouvait produire une meilleure moisson. De quoi vous plaignez-vous? Le sol est ingrat, je vous l’accorde! Mais Dieu voualis doubler votre mérite. Ne parlez pas d’invincible froideur! Avez-vous déjà vu s’amuser un enfant avec une boule de neige? Il la saisit, la pétrit, la masse; tour à tour il y promène et il y enfonce ses doigts; il l’approche de sa bouche, il la frôle de son haleine… Peu à peu le neige fond et se couvre de gouttelettes. Aurez-vous autant de savoir-faire? Aurez-vous moins de patience? »
– Et maintenant je me tournerai vers les filles qui ont mûri dans le célibat. Je leur dirai: « Cessez de vous prévaloir d’une morne virginité! N’espérez pas en la sollicitude d’un Dieu dont vous blâmez si ouvertement la création. Changez au plus tôt de conduite. Sans doute est-il un peu tard pour certaines d’entre vous mais les autres n’ont plus un instant à perdre. Que l’année ne s’achève point sans qu’elles aient tenté un effort pour se hausser à une vie vraiment chrétienne! »
 » Puis je me tournerai vers les jeunes gens, garçons et filles. Jeunes filles, craignez l’humiliation du célibat! Vous toutes, je me plais à le croire, aspirez du fond de vos âmes aux saintes extases de la couche. Ne souffrez pas qu’on entrave votre vocation.
 » Vous, jeunes hommes, comme Moïse…Comme Moïse , vous portez la verge qui fait jaillir l’eau du rocher. Montrez que vous estimez ce privilège à sa valeur. Ah! Jeunes hommes! J’aimerais que votre fougue ne sût pas se contenir. J’aimerais que vous prissiez Dieu dans sa maison même, comme témoin de votre impatience. Ah! mes frères, oserons-nous renouveler les naïfs transports des premiers chrétiens? Retrouverons-nous la ferveurs des agapes, où, loin des froides perversités du siècle, tous les membres de la communauté, hommes et femmes, garçons et filles, possédés par un immense amour, se précipitaient dans les bras les uns des autres en confondant leur baisers!
© Nouvelles Magazine
Visit Us On TwitterVisit Us On FacebookVisit Us On Google Plus