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Manon LE GALLO  –  Racines – Ecoutez la nouvelle

Manon LE GALLO – Racines – Ecoutez la nouvelle

RACINES

Extrait

sylve
Les branchages qui retenaient le ciel captif semblaient s’étendre pour recouvrir la forêt toute entière. Et cela n’avait aucun sens ; par cette métamorphose, l’absente était devenue omniprésente. Le deuil était fait depuis plus d’étés qu’on ne pouvait en compter, mais l’arbre demeurait, respirait l’immuable comme savent si bien le faire les choses perdues. Et les racines plongeaient plus vaillamment que jamais dans le sol, résolument agrippées au monde.

« C’est toi qui es partie, et pourtant c’est toi qui es ancrée à la terre, quand je ne fais qu’être poussée sans attache au long des années. J’ai besoin de ces racines. Laisse-moi te les emprunter. »

Pour toute réponse, une nouvelle bourrasque vint agiter l’épaisseur de la nuit, sema son lot de frissons parmi les arbustes proches. On entendit quelque chose filer sous les fougères.

 

Le recueil N° 2 de Nouvelles Magazine

Ecoutez la nouvelle


Manon LE GALLO

 

Née en 1993, j’ai passé l’essentiel de ma courte vie dans un charmant petit coin de Dordogne, avant de tourner mes pas vers Toulouse en 2010 pour y étudier puis y travailler dans le monde merveilleux de l’édition. Je passe donc ma vie dans les livres, qu’il s’agisse de plancher sur ceux des autres ou d’en noircir moi-même les pages (… ou bien d’en empiler sur mes étagères bien plus que je n’ai le temps d’en lire, il faut bien le dire).

Avec une grande prédilection pour les univers de l’imaginaire, d’abord pour l’heroic fantasy et le fantastique puis plus tard pour la science-fiction, j’ai eu la chance de voir publier mes premiers livres à l’adolescence. Aujourd’hui, j’ai quelques romans et toute une série de nouvelles dans mes tiroirs, quelques premiers prix de concours à mon actif, et en particulier un titre de lauréate du prix Clara, prix littéraire caritatif pour les moins de 18 ans lancé par et publié chez les éditions Héloïse d’Ormesson. J’ignore encore où me porteront mon imagination, ma carrière ou mon amour étrange et éclectique pour les pouvoirs surnaturels, les dragons, l’Islande, les Vikings et leurs haches, les récits mythologiques, les mers déchaînées de Turner et les overdoses de fromage fondu, mais je sais en tout cas que la route sera pavée de livres – que j’y aie œuvré en coulisses ou aie passé mes nuits blanches à les écrire…

Bibliographie

Éditions du Manuscrit : La Cité des vents, 2007 (roman, fantasy). Trois miroirs, 2009 (nouvelles, science-fiction)

Éditions Héloïse d’Ormesson : Nouvelles d’ados – Prix Clara 2011, 2011 (recueil collectif d’un prix littéraire jeunesse)

Sencho édition – Collection « Guentra »

Raconte-moi ta liberté, 2012 (recueil collectif). Deux textes publiés également dans les catalogues 2009 et 2011 « Des mots pour voir » suite au concours du site Texteimage.

Aux Éditions du Désir, Manon a publié une nouvelle dans le recueil « Nouvelles du Père Lachaise » Saison 1, sous le titre « L’infatigable », dont elle nous dit :

« Ma nouvelle est dédiée à l’immensément prolifique Gustave Doré, artiste aux mille talents. »

 

Les gagnants du N°1 – Sandira Belmude Quirin – Père Lachaise 2

Les gagnants du N°1 – Sandira Belmude Quirin – Père Lachaise 2

Sandira Quirin, biographie

Comment résumer en quelques lignes toute une vie? Quasi impossible. Et puis quel intérêt de savoir que je suis née un soir de décembre dans le sud de l’Inde, que j’ai passé ma vie à voyager grâce à un papa diplomate, que j’ai passé mon bac à Singapour pour ensuite faire des études au Canada ? Qui veut savoir que depuis toute petite je joue avec les mots pour me tenir compagnie, pour écrire ce que je tais? Cela intéresse-t-il quelqu’un d’apprendre que j’ai fini par poser mes bagages dans un petit coin de Normandie où je travaille avec mon mari en regardant avec fierté nos enfants grandir ? Je ne pense pas. Mais puisque notre point commun ce sont les mots, parlons-en. En février dernier j’ai osé, sous l’insistance de ma sœur et amie, montrer mes écrits à un éditeur. Surprise ! L’éditrice en a fait un recueil publié cet été, et chose incroyable nous préparons le deuxième. Alors je me suis laissée tenter par ce concours sur le thème du Père Lachaise et la encore, une bonne nouvelle. Cela m’amène à aborder mon univers, de ce que l’on ne voit pas mais qui existe, de cette lueur dans les épreuves, même les plus terribles. En parler serait trop long, mais si vous avez envie de voyager dans mon monde, je vous y attends.

 Sandira Belmude Quirin

Lisa

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Comme tous les matins, Kurt s’étire de sa longue nuit avant de s’installer sur le pallier de sa demeure. Un café serait le bienvenu mais cela fait plus d’un demi-siècle qu’il n’en a pas bu. Pourtant, en se concentrant bien il arrive à se souvenir de l’arôme qui, à l’époque, se dégageait de la petite tasse et en faisant un effort de plus, il lui semble même percevoir le goût amer glisser le long de sa gorge.

 

Assis sur le granit froid, il observe. Il ne fait plus que ça, observer. Le temps est long. Son voisin de gauche lui a dit un jour :  » considère cela comme ta retraite. » Tu parles d’une retraite ! Elle n’en finit pas et il n’y a rien à faire sinon attendre on ne sait quoi. Parfois une visite, son fils et sa belle fille qui apportent des fleurs, font un brin de ménage sans un mot avant de repartir. À quoi bon venir puisqu’ils ne lui parlent pas. Certes il est mort mais il n’est pas sourd !

 

Kurt observe donc en soupirant les grandes allées habillées d’arbres. Dans quelques minutes les portes s’ouvriront pour laisser entrer ceux qui ont perdu un proche mais aussi les curieux, les touristes à la recherche de célébrités, plan en main débutant une sorte de chasse au trésor. Il ne se fait pas d’illusion. Il n’est pas sur le plan.

 

Pour s’occuper il essaie de deviner les relations qu’avaient ses voisins avec leurs visiteurs. Devant les larmes il comprend le manque mais le silence lui pose plus d’interrogations. Étaient-ils si mauvais qu’on ne les pleure plus, ou est-ce l’oubli ? Aucune réponse pour le moment. Bien sûr il s’est remis en question lui aussi, pour comprendre, pour occuper le temps. Sa vie n’était pas exaltante mais il a toujours été là pour sa femme et son fils. À ce sujet, cela fait longtemps que son épouse ne lui a pas rendu visite et comme son fils ne lui parle pas, il ne sait toujours pas pourquoi. Il en est de même pour certains voisins de son « quartier », ils sont partis on ne sait où.

Leurs familles viennent encore devant leur dernière demeure et ils ne se rendent même pas compte qu’elle est vide  ! Et pourquoi est-il, lui, encore là ? Timide de nature, il n’ose pas se renseigner. Ou à-t-il peur des réponses ?

 

Tiens, un visiteur. Une petite fille. Cela fait déjà deux jours que Kurt l’a repérée, sillonnant les allées d’un pas léger. Même si elle s’arrête volontiers non loin de lui, il est peu probable qu’elle soit de sa famille, à moins que sa mémoire ne lui fasse défaut.

Contrairement aux autres enfants qu’il voit régulièrement courir en riant, celle-ci a le regard triste. Tellement triste qu’il arrive à l’atteindre et le troubler. Allez, il faut oser…

 

— » Bonjour… »

La fillette sursaute.

— » Je ne voulais pas t’effrayer. Je m’appelle Kurt, et toi ?

  • Lisa, bonjour monsieur.
  • Que fais-tu ici toute seule ? Où sont tes parents ?
  • Je ne sais pas. Je ne trouve plus ma maman. »

 

Kurt est bouleversé devant cette petite poupée blonde aux cheveux ondulés qui couvrent ses épaules fragiles.

 

  • « On va la retrouver, je vais t’aider si tu veux. »

 

Lisa lui tend la main et hoche la tête en signe d’acquiescement. Cela fait si longtemps qu’il n’a pas tenu la main d’une enfant qu’il ose à peine la saisir de peur de lui faire mal. Du haut de son mètre quatre vingt dix, qui faisait son charme à l’époque, il lui sourit.

Ils parcourent ainsi les allées, les chemins, à la recherche de la maman. Lisa ne dit rien, elle avance au rythme de Kurt, tournant parfois la tête à gauche, à droite, dans l’espoir de reconnaître la silhouette maternelle. Parfois elle s’arrête pour ramasser des feuilles d’érables que l’automne commence à semer.

 

  • « Je vais faire un bouquet pour maman. »

 

Attendri, Kurt passe sa main dans les boucles blondes avant de poursuivre ses recherches. Au passage il demande à une petite grand-mère, si, par hasard, elle aurait vu quelque chose. Émue à son tour par cette enfant au regard triste, elle décide de mobiliser tous les défunts qu’elle connaît. Une véritable chasse à la maman est organisée.

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Les gagnants du N°1 – Emilie Boré – 15’000 signes, espaces compris

Les gagnants du N°1 – Emilie Boré – 15’000 signes, espaces compris

Biographie

À cause du manque d’entrain de son hémisphère gauche, Émilie Boré a renoncé à faire des études de médecine pour s’adonner aux sciences molles. Historienne de l’art par vocation, elle a passé quatre ans dans le marché de l’art et se passionne pour le genre du paysage (elle s’intéresse toujours de très près à l’iconographie des glaciers alpins). Chroniqueuse satirique par dévotion, elle a collaboré à l’hebdomadaire suisse romand Vigousse comme responsable des pages culturelles et journaliste judiciaire. Pourvoyeuse de contenu par obligation, elle a été rédactrice en chef du site web et du magazine Loisirs.ch jusqu’en 2014. Aujourd’hui, elle continue à gribouiller des histoires et des chansons avec ses deux chats, Duke et Lington, sur les genoux. Elle a publié son premier livre en 2014 aux éditions Stentor, Contes saugrenus pour endormir les parents, et a un album jeunesse en préparation qui narre les déboires d’un loup végétarien (sortie prévue en mars 2015).

Emilie Boré

15’000 signes, espaces compris

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Elle s’assit sur une tombe au hasard de la division 39 du fameux cimetière parisien, celui du confesseur de Louis-elle-ne-savait-plus-combien.

 

15’000 signes, espaces compris, pour une nouvelle autour du Père-Lachaise. Le thème du concours littéraire (célébrités et anonymes trépassés parlant entre eux et avec les vivants) vacillait dans l’esprit d’Émilie comme un feu follet ; elle trouvait ce sujet espiègle et terrifiant à la fois. Pourtant, c’était la consigne qui tournait dans son esprit comme une formule magique, entêtante : 15’000 signes, espaces compris. Elle qui se perdait généralement en phrases à rallonge et parenthèses à tiroirs, elle était inquiète.

 

Emmitouflée dans une longue doudoune et chaussée de bottes italiennes fourrées pour parer à cette froide fin d’après-midi de novembre, elle se cala confortablement contre la pierre tombale et laissa dériver son esprit sur les vertus synthétiques de l’épitaphe. 15’000 signes, espaces compris. Elle imagina alors le caveau de Jacques Chirac portant l’inscription « 5 minutes, douche comprise » et pouffa.

 

Puis, lorgnant la pointe impeccable de ses bottes appuyées sur le granit épuisé, elle pensa à la tombe de

 

Jacques Prévert à Omonville-la-Petite, dans le Cotentin ; pas une sculpture, à peine un tombeau. Juste un tumulus surmonté d’une pierre brute, recouvert de marguerites, de bruyère et d’hortensias. Nos morts ressemblent à nos vies, songea Émilie revenue à des pensées plus profondes. Celui qui a chanté la nature sauvage des fleurs comme celle des hommes se retrouve, fort justement, dans l’humilité de la terre.

Elle tourna la tête, vit la tombe grandiloquente d’un maréchal d’Empire avec ses empilements de colonnettes, de médaillons sculptés et de pyramides orgueilleuses. Cette parade post-mortem la dérouta. Ne sera-t-on jamais en paix, vraiment ? Faudra-t-il rouler des mécaniques jusque dans le sépulcre ? L’égalité devant la mort, tu parles ! Va dire à Mozart, dont les os se battent en duel dans une fosse commune, qu’il a autant d’importance que Balzac, encensé dans sa robe de chambre en pierre. Émilie nota dans son carnet Moleskine que la robe de chambre de Balzac, sculptée par Rodin, était un « mondain habit de nuit éternelle ».

 

— Hé ! lança une voix.

— Hein ? murmura Émilie qui capuchonna son Mont-Blanc n’importe comment.

 

Se redressant sur ses jambes, elle chassa rapidement un pli disgracieux que sa doudoune

formait au niveau du ventre (qu’elle avait pourtant plat), se retourna vers la division 25 d’où provenait la voix, mais  ne vit rien. Frissons, jambes molles, cœur dans la gorge, déglutissement malhabile. Émilie ressentit la liste habituelle de ses symptômes d’angoisse qui arrivaient à peu près n’importe quand, surtout quand il n’y avait absolument aucun danger.

 

— Ben ça vous réussit pas d’être au cimetière. Vous êtes toute pâle, blanche comme un suaire !

 

La voix venait « d’en bas ». Nom de Dieu, Hadès m’a entendu me foutre de ses morts, il m’appelle, il veut que je descende, pensa Émilie entre deux spasmes nauséeux.

 

— Là ! Non, au-delà ! Où…, là, en bas ! Dans le trou !

 

Enfin elle le vit. Un homme, plus en chair qu’en os, appuyé contre une pelle (et non une faux comme elle le crut d’abord), au fond d’un profond trou, de l’autre côté de l’allée. Un fossoyeur ! Oh, la bonne nouvelle… Ayant recouvert toute sa faculté de juger (et par la même occasion,  celles de marcher, sentir, déglutir et aimer), Émilie prit le temps de penser à Brassens, à la plage de Sète, à ces endroits de vrai répit où elle aimerait finir ses jours. Et pas dans un parc d’attractions de la mort comme ce Père Lachaise. Elle traversa l’allée et gagna le bord de la division 25 pour s’approcher de son interlocuteur des abysses.

 

— Bonjour, Monsieur. Pardon, je ne comprenais pas d’où venait cette voix… spectrale !

Elle agita nerveusement ses doigts en forme de guillemets avant de reprendre, en direction du trou : Non, mais ça va. Je suis très blanche de nature, mon côté « aristocrate » dit ma mère. Elle acheva sa phrase par un petit rire mondain.

 

— Mais ça va faire une heure que vous êtes là ! C’est pas un lieu pour jeunes filles, croyez-moi, répondit-t-il en riant aussi, d’un rire toutefois moins cristallin – sans doute à cause de son âge avancé et, peut-être aussi, de son nez très aquilin. Émilie trouva qu’il ressemblait à un aigle ; avec ses deux yeux perçants, comme des billes noires, qui la déshabillait.

 

— Non, mais en fait, je viens m’imprégner du lieu parce que je participe à un concours de nouvelles dont le thème tourne autour du cimetière du Père Lachaise.

 

L’homme la regarda avec un fin sourire (il avait une bouche vraiment très mince, comme un trait de crayon entre le nez et le menton) et il leva les yeux vers le ciel, comme un haussement d’épaules du cœur.

 

— Voici les auteurs attirés bien bas… Plume à la main dans un triste décor, cherchant une muse dans le trépas : au lieu de vivre, ils regardent les morts.

— Joli, concéda la jeune femme intriguée par la verve de l’ouvrier.

 

Pur produit de la ville, pensa-t-elle. Elle écrirait dans son Moleskine, plus tard (bien après la clôture du concours) : « C’était une sorte de Charon entre la vie et la mort, entre la nature qu’il creusait et la culture qu’il cultivait. Il avait d’ailleurs un nez bourbon, une noble bouche un peu pincée (mais peut-être n’avait-il tout simplement plus beaucoup de dents ?) ».

Le fossoyeur jeta sa pelle, s’adossa à la paroi du trou et croisa les bras.

 

— C’est sûr, les passants pensent qu’on est pragmatique avec nos tractopelles et nos mines blasées. Mais faut pas croire… Ou plutôt si ! On a des tics, on entend des voix, on voit des choses passer…

— Vous voulez dire que vous avez des connexions avec l’au-delà ?

— Ouais ma petite dame, et en haut débit même. De quoi écrire, mais dans l’genre requiem…

— Non, vous me charriez, s’abandonna Émilie en adoptant un ton nettement plus familier.

Il rit à nouveau de sa grosse voix rauque d’ouvrier qui a eu froid souvent et renifla.

— Non je vous charrie pas ! Il y a bien des signes. Des signes qui trompent pas.

— Mais comment ça, des signes ?

— Tenez, sur la tombe de Monsieur Parmentier où vous étiez assise. Au-dessus, tous les jours, on pose une patate : Ratte ou Désirée, Belle de Fontenay, Daisy ou Pompadour.

— Vous vous y connaissez drôlement en pommes de terre ! siffla Émilie admirative. C’est vrai que c’est drôle.

— Ce serait hilarant si on savait qui c’est ! Qui c’est qui les apporte et pourquoi il le fait !

— Un maniaque de la patate, lança Émilie, amusée. Je ne sais pas moi, un belge névrosé !

— Mais ça fait 41 ans, quelle guigne ! Pour un total de 15’000 jours, 15’000 signes…

— Espace compris ?

— Hein ?

— Non, pardon. C’est juste que je cherche un thème pour cette nouvelle et je trouve que la mort est un sujet sans fond.

— Ça doit être long ? demanda le fossoyeur, visiblement intéressé.

— 15’000 signes.

— Espace compris ?

— Espace compris.

 

Il cracha dans ses mains, reprit sa pelle et se remit au travail.

 

— Ce qu’il faut c’est la chute ; une fin bien pensée. Quelle que soit la culbute : une pointe, un arrêt.

— Mmmh. Je vois que vous écrivez un peu… Hein ?

Elle lui fit un petit sourire en coin, un sourire bien particulier qu’elle avait dans l’idée de faire breveter tant son efficacité était redoutable : immanquablement, il appelait la confession. Cela ne manqua pas, le fossoyeur inclina la tête contre son cou comme une tourterelle qui se rengorge et frotta sa joue imberbe du revers de la main.

 

— Oh, des gaudrioles ; des historiettes sur le genre humain, des trucs un peu grivois parfois… C’est que j’en vois passer des vivants !

Et vous avez d’autres histoires ? demanda Émilie intriguée.

 

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Les Gagnants du N°1 – Jean-François Foll – Exercices de style

Les Gagnants du N°1 – Jean-François Foll – Exercices de style

Jean-François Foll

Exercices de style

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Paraphilie sépulcrale : Il pleut fort. Elle est en retard pour avoir eu beaucoup de mal à garer sa voiture. Comme toujours elle est très élégante. Elle tient un énorme bouquet. Le bruit de ses chaussures à talons sur les pavés des allées du cimetière éveille une kyrielle d’émotions étranges. Que de fétichistes du pied dans ce cimetière ! Et moi, je suis seul,  bien obligé de l’attendre ; pour bien des raisons je me sens au fond du trou… Elle se penche, j’ai beau parler, crier, vociférer elle ne m’entend pas ; alors je me suis résolu à écrire un texte dont elle est l’héroïne. Mais en a-t-elle parlé récemment à l’éditeur ? Ça fait longtemps qu’il n’a pas donné de nouvelles…

 

Prendre des couleurs : Il fait gris. Ce fut une galère pour ranger sa magnifique Clio jaune. Elle a cueilli dans son jardin un camaïeu de roses rouges et pourpres mettant en valeur ses yeux vairons et son seyant tailleur fuchsia ; elle a toujours eu la main verte. Ses mocassins fauves battent le pavé à la brunante, émoustillant au passage quelques oisifs blancs-becs, rouges d’excitation. Moi, je ne suis pas un bleu ; j’ai bien vu leur manège. Je ris jaune et j’ai des bleus à l’âme… Elle a beau caresser mon rutilant marbre bleu turquin, je lui en balance des vertes et des pas mûres. Depuis peu je couche noir sur blanc mon spleen dans une nouvelle pas très fleur bleue, plutôt roman noir. Son récent forfait Orange devrait lui permettre d’obtenir le feu vert de l’éditeur

.

Boîte à lettres : Que d’O ! Il y a de l’orage dans l’R, on est AC loin du temps DT. Une 2CV eut été plus facile à stationner que cette grosse BMW  GTI! Son tailleur BCBG est très court, C talons hauts pilonnent le sol en cadence, D hurluberlus, D plus UP aux plus KP en sont tout NRV.Ci2 ! L a OT son chapeau pour se BC et poser C fleurs. L n’est pas venue I.R : balade au BHV puis à la tour FL. G.U la N. Je l’ai A.I mais je l’M quand même d’un amour XXL, c’est pour moi bien plus qu’une histoire de Q. Plus AG qu’elle (et DCD !) G un regain d’NRJ dès qu’LLA. G une ID. Tout ce VQ, GD6D de le narrer dans une nouvelle. Elle est très OQP, MM que je dois OC le ton pour qu’L appelle ou qu’L fasse un SMS à l’éditeur, rien de plus facile avec le nouveau forfait SFR 4G qu’L AHT.

 

Oublié de relire ? : Il pleuvai for. Si elle aurait su, elle aurait pas venue. Pane de voiture et donc métro ! Journée de m… Elle est venu avec un bouquet garni (pas d’échalottes ni d’autres épisses mais bien des fleurs). En harpentant  les allées du père Lachaise, elle se rang conte que plusieurs satires matent, via son gin délavé, une partie bien précise de son nanatomie… Entrenous le cou rang passe mal, on sentant mal. Quant elle est la, j’ai bot parlé for, elle mentant pas. Il faut que je me résoude à lui écrire de mes nouvelles, mais je crin un peut car je suis pas lerche for en ortograffe.                     Elle voeu en envoiller une à Lady Teur (ici personne laconnait cette dame !?) mais je crois que c’est-c’qui faut qu’elle fait, et dabord la peler avec son nouveau forfet Frit Mobil.

 

Merci Georges(1), Jacques(2) Léo(3) : il pleut(2) et il peut pleuvoir(2) l’été s’en fout(3),

 

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